Réchauffement climatique : et si on repeignait nos toits en blanc ?

Tout le monde ou presque le sait, en été on privilégie les vêtements blancs car ils attirent moins la chaleur. Mais alors pourquoi ne pas appliquer cette teinte sur les toits afin de lutter contre le réchauffement climatique ? En tout cas, on peut dire que les Grecs nous ont bien devancés sur la question.

En 1996, la NASA avait même créé une « peinture céramique » de teinte blanche qui réfléchissait les radiations solaires. Cette dernière était ensuite appliquée sur les navettes et les vaisseaux spatiaux. Aujourd’hui, repeindre son toit en blanc est une initiative reprise dans le monde entier.

Des toits blancs pour rafraîchir les intérieurs et sauver la planète ?

Si dans les îles grecques ou dans les pays d’Afrique du Nord, les habitations sont recouvertes de blanc, ce n’est pas simplement pour faire joli. En effet, il y a là une toute autre utilité qui est de refléter la lumière du soleil pour limiter son absorption afin de résister aux fortes températures, car les surfaces blanches emmagasinent beaucoup moins la chaleur.

En France, dans le Finistère, repeindre les toitures de blanc, c’est le pari de Cool Roof (comprenez «toiture fraîche»). Ce leader Européen du CoolRofing a mis au point une peinture innovante pour rafraîchir les bâtiments. Une solution tout à fait efficace et écologique puisque la peinture élaborée par l’entreprise utilise pour solvant de l’eau, et est fabriquée en partie à partir de poudre de coquilles d’œuf et d’huitres. Selon la société, cette peinture permettrait de renvoyer 90 % de la chaleur du soleil.

L’utilisation de la peinture Cool Roof a notamment permis au E.Lelerc de Quimper de faire de considérables économies en énergie. Le magasin économise près de 20 000 euros par an. "Dans la journée ce carré noir va monter à 80° et dans le blanc il ne dépassera jamais 40°", assure le directeur du E. Leclerc à Franceinfo, qui a volontairement laissé une partie de sa toiture en noire pour comparer la différence de chaleur avec le reste de son toit récemment repeint en blanc.

Et si repeindre sa toiture en blanc s’avère être bon pour sa facture d’électricité, ça l’est d’autant plus pour la planète ! Pas étonnant, puisque le ravalement des toitures en blanc limite l’utilisation de la climatisation et des ventilateurs en tout genre, qui habituellement tournent à plein régime durant les journées de fortes chaleurs. En plus de faire chuter les températures intérieures et d’économiser de l’argent, repeindre son toit permettrait également de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de grappiller quelques précieux degrés sur le réchauffement climatique global.

À l’Université de Berkeley, où une étude avait déjà montré l’effet positif de repeindre les toits en blanc, des scientifiques auraient en plus démontré que ces techniques contribuaient à enrayer le réchauffement climatique en compensant les émissions de dioxyde de carbone de l’équivalent de près de 300 millions d’automobiles roulant pendant près de 20 ans.

Une technique à adopter partout ?

Partout dans le monde, que ce soit à New York, en Inde ou encore au Sénégal , de telles initiatives voient le jour. En Californie, à Los Angeles notamment, c’est bien plus que les toits qui sont repeints. Les routes elles aussi sont colorées de blanc pour limiter les effets de la chaleur. Cela peut paraître étonnant, mais pas plus que cela quand on sait qu’une route en bitume peut atteindre 70° à 80° durant une belle journée d’été à 30°.

Alors, on parie désormais que vous voulez repeindre votre toit en blanc, pas vrai ? Attention tout de même avant de vous lancer dans le ravalement de votre toiture puisque votre ville ou votre commune impose des règles en ce qui concerne l’uniformisation des logements au travers du Plan Local d’Urbanisme. Mais rien n’est impossible ! Des étudiants de Grenoble ont notamment présenté un projet visant à repeindre les toits des bâtiments publics en blanc au budget participatif de la ville. Affaire à suivre.

Bien que ces initiatives semblent avoir le vent en poupe dans le monde entier, repeindre les toits n’est toutefois pas une pratique à adopter partout. Par pas partout, on entend bien évidemment les pays froids car les toits absorberaient peu la chaleur du soleil afin de réchauffer les habitations et la demande globale de chauffage exploserait, augmentant ainsi les émissions de CO².

 

Sources Franceinfo

Image © Clément Dorval, Mairie de Paris

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