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Kenya : recycler les excréments pour assainir les bidonvilles et augmenter les rendements

Le manque d’installations sanitaires est un problème majeur dans le monde. Selon l’OMS, 4, 5 milliards de personnes, soit les deux tiers de la population mondiale, n’ont toujours pas de toilettes chez eux. Et 2 milliards de personnes ne disposent d’aucune toilette ou latrine. La consommation d'aliments irrigués par des eaux usées est l'un des facteurs majeurs de maladies. Le manque d’assainissement serait à l’origine de plus de 430 000 décès chaque année dans le monde par maladies diarrhéiques.

En Afrique, la question des infrastructures sanitaires adéquates est notamment un véritable défi. Les villes grandissent à toute vitesse mais les populations sont contraintes pour la plupart de vivre dans des bidonvilles où la situation de l'assainissement est particulièrement critique. Si rien n’est fait d’ici à 2050,  la population des bidonvilles dans le monde  pourrait atteindre 3 milliards de personnes. Au Kenya, une entreprise s’est spécialisée dans l’équipement de produits d’assainissement abordable. 5 fois moins cher que les égouts, cela permet de desservir les zones les plus pauvres.

Une solution durable d’assainissement dans les bidonvilles

À Mukuru, un bidonville de Nairobi, la capitale du Kenya, la société Sanergy a mis au point une solution  à faible coût en réponse au problème grandissant du manque d’installations sanitaires élémentaires. Dans ce quartier où les toilettes individuelles sont inexistantes, les fosses à ciel ouvert et les sacs plastiques ensuite jetés par les fenêtres sont d’usages courants. Un véritable désastre d’un point de vue sanitaire mais également environnemental. À ce rythme, une couverture sanitaire complète nécessitera 150 ans dans le pays.

Toutefois, ces « toilettes volantes » comme les appellent les habitants, propices aux maladies et aux infections, sont tout de même de moins en moins fréquentes grâce à l’installation depuis 2012 d’un réseau de toilettes sèches que la société Sanergy loue aux habitants une dizaine d’euros par mois.

Une solution rentable ne dépendant pas d’un système d’égouts. Ce système est difficilement déployable dans une zone aussi peuplée que le bidonville de Mukuru. Pour une hygiène irréprochable, un point d’eau avec savon, fournissant par la même occasion des produits d’hygiène féminine est également implanté non loin des toilettes. Des équipes logistiques assurent quant à elles la propreté des lieux et collectent les excréments.  À ce jour, plus de 100 000 habitants utilisent ces toilettes.

Des déchets qui valent de l’or

Si Sanergy s’occupe de l’installation et de l’entretien des toilettes, le traitement et la transformation des déchets constituent sa principale source de revenus. Les déchets organiques sont répartis entre solides et liquides dans des tonneaux amovibles positionnés sous les toilettes. Les excréments collectés sont par la suite acheminés dans une usine de traitement. Ils seront recyclés en engrais organiques et en aliments pour animaux à base d’insectes bon marché.

En 2018, 7400 tonnes d'excréments ont été transformé en fertilisant puis utilisé par plus de 100 agriculteurs. Leur utilisation permettrait d’augmenter les rendements à hauteur de 30 %. Une très bonne chose à l’heure où 80 % des Keynans dépendent de l’agriculture. Mais l’approvisionnement durable en intrants agricoles de qualité fait défaut selon Sanergy.

« Le ministère kényan de l'Agriculture a identifié la dégradation des sols comme un facteur sérieux affectant la sécurité alimentaire dans le pays [et recommande notamment] aux agriculteurs d'utiliser jusqu'à 10 tonnes d'engrais organique par hectare pour restaurer la santé des sols. »

Grâce à l’essor de son activité, Sanergy collecte désormais les déchets alimentaires. Pour l’année 2020, la société compte desservir pas moins de 200 000 personnes à Mukuru. Le modèle serait alors rentable et coûterait au secteur public 5 fois moins cher que ce qu’il lui coûte en égout. 13 dollars par personne et par an, dont 6 à la charge des pouvoirs publics. Sanergy souhaite également étendre son offre à travers toutes les grandes villes du monde.

 

Source : Franceinfo, Sanergy 

Image : © Sanergy

 

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