La plus grande industrie agroalimentaire canadienne interdit la pulvérisation de glyphosate (round up)

Richardson International, le plus gros transformateur de céréales au Canada, a annoncé qu’il n’acceptera plus les cultures des entreprises ayant pulvérisées les leurs avant la moisson à l’aide de glyphosate, utilisé comme dessicant (désséchant), ou d’autres déshydratant chimique.

Sortir du glyphosate

Afin de s’assurer que les cultures potentiellement contaminées, comme c’est le cas pour les céréales Cheerios, ne soient pas transformées au sein de ses usines, Richardson International réglementera strictement l’avoine qu’il reçoit à partir de l’année prochaine. L’entreprise implantée à Winnipeg et mondialement reconnue dans le secteur de l’agriculture et de la transformation de nombreux aliments (dont les produits à base d’avoine et de canola) est à présent un manutentionnaire et un marchand mondial des principaux grains et oléagineux exploités au Canada, deuxième plus grand pays du monde.

De nombreux pays se procurant de tels aliments au Canada peuvent ainsi remercier Henry Rowlands, l’investigateur du projet Detox et du Sustainable Pulse (désintoxication et impulsion durable), qui depuis quelques années maintenant se bat pour interdire l’utilisation du glyphosate sur les cultures alimentaires. « Le projet Detox travaille depuis trois ans avec des marques de produits alimentaires et de compléments alimentaires dans le monde entier pour arrêter l'utilisation de la pulvérisation avant récolte utilisant du glyphosate et d'autres desséchants chimiques. Nous nous rendons compte après de nombreux tests que le grand public est principalement exposé au glyphosate par son alimentation en raison de la pratique scandaleuse de la pulvérisation avant récolte pour mûrir et sécher les cultures telles que l'avoine, le blé et les légumineuses […] », a-t-il déclaré le 9 juillet dernier. Pour répondre aux préoccupations de ses clients, Richardson Pioneer a déclaré il y a un mois de cela qu’il se concentrait déjà sur l’approvisionnement en avoine canadienne n’ayant pas été traité avec des pesticides appliquées avant la récolte. Toutefois, l’entreprise a également  affirmé qu’elle continuera à commercialiser de l’avoine desséchée en fonction de la fluctuation du marché.

«Une chose à noter, c'est que le glyphosate est un herbicide, il n'est pas enregistré comme dessicant avant récolte», a ajouté la présidente de POGA, Jenneth Johanson. L’emploi d’un tel agent en tant que desséchant avant la période de récolte constitue ainsi une violation des pratiques agricoles. Selon les experts, une telle décision se traduira quant à elle par une réduction de la superficie d’avoine et/ou des prix plus élevés pour le consommateur.

Kellogg’s suit le pas

En août 2018, le groupe de travail sur l’environnement (EWG), a publié une étude sur le glyphosate présent dans quasiment tous les produits Quaker, Kellogg's et General Mills.

Face à la pression des consommateurs, des médias, et face à la récente annonce de l’entreprise Richardson Interationnal, Kellogg’s, le géant des céréales, a lui aussi décidé d’abandonner l’utilisation de glyphosate d’ici à 2025 notamment présent dans ses recettes Special K. Une très bonne nouvelle pour les mordus de céréales.

Un "agent de séchage avant récolte"

Au Canada, de nombreuses cultures sont pulvérisées avec du glyphosate en vue d’éliminer les mauvaises herbes. Une nouvelle peu réjouissante à l’heure ou 85 % du blé canadien est exporté. Cette pratique controversée est tout au fait légale, et bien que cet agent ne doit pas servir de dessicant visant à accélérer la moisson, il est toutefois utilisé de la sorte par les agriculteurs. Cet herbicide de plus en plus répandu dans le domaine de l’agriculture a notamment été déclaré sûr, s’il est utilisé correctement, par Santé Canada et l’Environmental Protection Agency des États-Unis.

Pourtant, ce cancérogène probable continue de faire débat. Lundi 20 juillet, les magistrats de la cour d’appel de Californie ont condamné la firme Bayer (possédant Mosanto), poursuivie par Dewayne Johnson, un jardinier atteint d’un cancer en phase terminale qu’il alloue au désherbant Roundup, et les affaires mettant en cause le glyphosate n’ont pas fini de faire parler d’elles. Une nouvelle étude récemment publiée par EWG a révélé que cette substance était présente dans plus de 80 % des échantillons d'houmous et de pois chiches non biologiques. Suite à la découverte des pratiques canadiennes pour encourager la maturation des cultures, les Italiens se sont quant à eux récemment détournés du blé canadien. En mai 2019, 60 millions de consommateurs pointait notamment du doigt la marque Panzani d’acheter son blé dur au Canada.

Source : Radio Canada International, 20 minutes 

 

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