Sea Shepherd dénonce la présence d’une énorme flotte de pêche et alerte sur l'état critique des requins

Chaque année, à la même époque, c’est à peu près la même histoire. Une flotte de navires de pêche majoritairement chinoise rejoint le Pacifique oriental. Une région maritime comprenant la réserve marine des îles Galápagos, propriété de l’Équateur. De nouveau confrontée à cette situation il y a quelques semaines de cela, la marine équatorienne a décrété l’état d’alerte.

Des centaines de navires

260, c’est environ le nombre d’embarcations naviguant près de la réserve marine de l’archipel. Cette flotte a été détectée à l’aide des données fournies par Global Fishing Watch, un groupe de conservation des océans travaillant notamment avec Sea Shepherd pour « enquêter sur la pêche illégale non déclarée et non réglementée (INN) dans le Pacifique tropical oriental, dans le cadre de l’opération Treasured Islands ».

La marine équatorienne a exigé aux embarcations concernées de se tenir à bonne distance de la réserve protégée, inquiète de la présence des navires chinois, constitués de chalutiers, pétroliers, navires usines et navires logistiques. Ils couvrent et peuvent facilement pêcher sur une étendue de plus de 30 000 km².

« Nous avons parlé avec nos amis chinois du malaise important que cela génère pour l’Équateur » a notamment déclaré le ministre équatorien des Affaires étrangères, Luis Gallegos, lors d’une entrevue avec la société de radiodiffusion, Radio Centro, soulignant par la même occasion que l’opération de pêche devrait être suspendue.

L’arrivée de ces flottes de pêche dans la région doit ainsi « faire l’objet de négociations entre lÉquateur et la Chine » de manière à ce que cela ne « se répète pas de manière cyclique ».

« Nous avons déjà pris contact avec Pékin pour définir une structure de négociation. J’espère que ce problème sera résolu car cela n’intéresse pas que l’Équateur, mais la protection de l’héritage des Galápagos (…) C’est une responsabilité mondiale », a-t-il ajouté.

Une faune et une flore d’exception

La flotte chinoise présente entre les eaux souveraines de l’Équateur et l’archipel protégé n’est pas en situation d’illégalité. Pourtant, Peter Hammastedt, directeur des campagnes pour Sea Shepherd, dénonce cette présence même. Selon lui, « elle défie l’idée même d’une zone marine protégée puisque de nombreuses espèces migratoires, notamment les requins, quittent régulièrement le sanctuaire pour aller en haute mer".

Les espèces atteignant la haute mer ne sont plus protégées par les lois équatoriennes de la réserve des Galápagos. Selon Sea Shepherd, le Pacifique tropical oriental est l’une des zones de la planète « où les requins sont [le] moins bien protégés car les eaux n’appartiennent à aucun État ». En 2017, un navire chinois, le Fu Yuan Yu Leng 999, a notamment été intercepté dans l’archipel équatorien, avec à son bord, 300 tonnes de pêche illégale comprenant  près de 6000 requins, dont des espèces menacées d’extinction.

La réserve marine des Galápagos est réputée dans le monde entier pour sa végétation unique et ses animaux sauvages. Elle comptabilise plus de 2900 espèces, notamment des tortues géantes que l’on pensait éteintes. Elle abrite aussi un sanctuaire de 38 000 km2, comprenant la plus grande concentration de requins au monde. Berceau de la théorie de l’évolution du naturaliste Charles Darwin, les îles Galápagos sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Actuellement,  Sea Shepherd poursuit ses opérations et travaille avec les autorités dans cette zone du Pacifique pour mettre fin à la pêche illégale.

 

Source : La voix du Nord, Sea Shepherd

 

Visualisez cette annonce pour continuer à gagner des points