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Films, romans, bandes dessinées : quand la fiction se saisit de l'écologie.

« L’art sauvera le monde », écrivait en 1869 Dostoïevski, artiste s’il en est, dans L’Idiot. Un siècle et demi plus tard, devant ce qui est peut-être le plus grand défi de l’histoire de l'humanité, l’art saura-t-il nous aider ? Rapport aux animaux, surexploitation de la nature, juste place de la technologie, cruauté de l’homme envers les autres espèces, répartition des ressources naturelles... Autant de sujets dont l’art peut se saisir pour nous interroger sur notre mode de vie, sur notre rapport au monde. Entre littérature, cinéma et bande-dessinée, nous avons choisi de vous présenter 5 fictions qui nous parlent d’écologie d’une manière ou d’une autre.

 

Nausicaä de la vallée du vent - Hayao Miyazaki

Il y a 1000 ans, la Terre a été anéantie par la pollution des civilisations industrielles. Une forêt toxique a recouvert presque toute la planète et menace les derniers survivants. C’est dans ce décor dystopique que se déroule l’histoire de Nausicaä de la vallée du vent, un film d’Hayao Miyazaki sorti en 1984. Pour son deuxième film, le virtuose japonais a choisi de nous parler d’écologie.

Comme souvent, Miyazaki met en scène l’aventure d’une jeune fille. Celle-ci s’appelle Nausicaä, elle est la princesse de sa vallée et incarne la fascination pour la nature et la volonté de la préserver. Aimée des animaux, elle fera tout pour que les humains apprennent à vivre avec la nature plutôt que la combattre.

Avec une perspicacité glaçante, le film d’animation nous plonge dans un univers où les hommes, malgré la menace d’une nature déréglée et déchaînée, ne parviennent pas à s’unir derrière l’objectif de préserver l’humanité et continuent à faire passer leurs intérêts personnels avant tout.

Autre élément scénaristique frappant : pour faciliter la compréhension, Miyazaki imagine une faune et une flore qui répliquent directement aux agressions des humains en les attaquant. La nécessité d’instaurer un rapport pacifique à la nature se fait donc ressentir de façon immédiate.

Modèle de sagesse, Nausicaä tente de raisonner ses congénères. Il faut penser au long terme et apprendre à vivre avec la forêt plutôt qu’en la détruisant, s’exposant aux répliques et aggravant ainsi la situation.

Est enfin évoqué le sentiment de révolte et surtout d’incompréhension éprouvé par les personnages vis-à-vis de l’état de leur environnement. Il est avéré que l’Homme est à l’origine de ce dérèglement. Pourquoi a-t-il laissé la planète dans cet état ? Quel genre d’humains bienveillants et sensés ont bien pu ravager la nature à ce point ?

La place de l’Homme dans la Nature restera un des thèmes récurrents de Miyazaki et fera l’objet d’autres succès comme Princesse Mononoké, Pompoko, Ponyo sur la falaise ou encore Mon voisin Totoro, que nous vous invitons aussi à voir ou à revoir !

 

 

Les raisins de la colère - John Steinbeck

Les raisins de la colère est un roman écrit en 1939 par John Steinbeck. Il raconte l’histoire d’une famille de cultivateurs, les Joad, contrainte de quitter sa ferme dans l’Oklahoma en raison de la sécheresse.

Récompensé en 1940 par le prix Pullitzer, ce roman puissant dénonce les ravages du capitalisme sur les métayers américains et l’absurdité des situations qu’il engendre : cupidité, xénophobie, déshumanisation des travailleurs, destruction organisée des récoltes invendues pour maintenir le cours des prix… En compagnie des Joad, Les raisins de la colère nous fait traverser l’Ouest américain dans des conditions rudes, instables et profondément injustes.

Le livre est écrit dans un style caractéristique des auteurs américains qui ne nous renseigne jamais sur ce que les personnages pensent mais se contente plutôt d’observer leurs actions, ce qui renforce le ressenti tragique et révoltant éprouvé par le lecteur. Inégalités économiques, racisme, répression violente, Les raisins de la colère dénonce mais interroge aussi subtilement le rapport des humains à la terre, et le rôle des machines dans cette relation qui n’a pas d’âge.

A sa parution, il suscitera des critiques virulentes pour sa fin jugée indécente. Il sera aussi vivement critiqué par les californiens que Steinbeck, enfant du pays, dépeint comme égoïstes et racistes.

Si l’histoire se déroule durant la Grande dépression (1929-1939), les problématiques qu’elle dénonce sont incroyablement contemporaines. Classique de la littérature américaine, pamphlet incendiaire, roman écologiste avant l’heure, Les raisins de la colère doit être lu avec la même urgence avec laquelle il a été écrit !

« Cela est simple et de bon rendement. Si simple que le travail perd tout caractère merveilleux, si effectif que le merveilleux quitte la terre et la culture de la terre, et avec le merveilleux la compréhension profonde et le lien. »

J. Steinbeck –Les raisins de la colère

 

Don't Look UP - Adam McKay

Don’t Look UP est une comédie dramatique d’Adam McKay sortie sur Netflix en 2021. Fiction la plus récente de cette liste, c’est aussi la plus actuelle puisqu’elle est une satire de notre présent.

Le film s’ouvre sur la découverte d’une comète filant droit vers la Terre par un chercheur en astronomie et son élève (Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence). Durant 2h25, la comédie nous offrira le spectacle des réactions politiques, médiatiques et populaires face à la menace.

Métaphore évidente mais très parlante de la crise écologique que nous traversons, Don’t Look UP dénonce en particulier l’inaction politique et l’irresponsabilité des médias face aux avertissements des scientifiques. Déni, moqueries, les réactions médiatiques, pas si caricaturales, vont jusqu’au mépris pour ces lanceurs d’alerte, désemparés par le décalage entre la gravité de leurs propos et l’accueil qu’ils suscitent.

Notons toutefois que le parallèle entre la comète et la crise écologique sert bien le propos du film mais évite certaines subtilités. La réalité que nous traversons est en effet plus complexe, avec des impacts différenciés sur les populations et surtout sans « date limite » au-delà de laquelle surviendrait l’effondrement brusque et total de l’humanité.

A la fois drôle et amer, Don’t Look UP est une caricature dénonciatrice de notre société et de la vision court-termiste sur laquelle elle s’appuie. Si la catastrophe choisie pour représenter la crise écologique ne correspond pas en tout point à notre réalité, elle convient très bien au propos principal du film : dénoncer le comportement des médias, leurs sarcasmes devant l’urgence, leur déni devant les faits et leur irresponsabilité devant la catastrophe.

 

 

Les furtifs - Alain Damasio

Étonnante sur bien des aspects, l’œuvre dont nous allons parler maintenant est à retrouver au rayon science-fiction de votre librairie. Les Furtifs, troisième roman (et troisième succès) du génial Alain Damasio, s’intéresse à plusieurs grands thèmes actuels : la société de contrôle, la place de la technologie dans nos quotidiens, mais aussi notre perception de l’environnement et du vivant. La perception, voilà peut-être ce que questionne le plus Damasio dans ce livre, dont la richesse des 700 pages est impossible à résumer. Essayons quand même.

Nous sommes en 2041 à Orange. Les communes, privatisées par des grandes sociétés, sont de véritables interfaces numériques, supports de publicité urbains. Scrutés par un décor ultra-marchandisé, les habitants voient leur liberté de déplacement dépendre de l’abonnement qu’ils ont souscrit à la ville : Standard, Premium ou Privilège.

Lorca Varèse, dont la fille Tishka a disparu, se lance à sa recherche, persuadé qu’elle est partie avec des furtifs, créatures insaisissables dont l’existence est plus que discutée. Au sein d’une unité militaire spécialisée dans l’étude et la chasse des furtifs, Lorca va vivre une aventure qui ne manquera pas de le questionner, et nous à travers lui, sur une société qui nous paraît de moins en moins éloignée de la nôtre à mesure que les chapitres défilent.

Ainsi, de mille façons différentes, Alain Damasio nous invite à renouer avec notre environnement vivant et à s’y adapter, plutôt que de s’en protéger par ce qu’il appelle un « technococon ».

S’il vous faut une raison supplémentaire pour ouvrir Les Furtifs, le style de Damasio est une expérience à part entière : une histoire à 6 voix et à la ponctuation foisonnante (seule indicatrice des changements de narrateurs), fourmillant de néologismes et de mots recomposés. À lire !

 

« Il n’y a pas de lendemain qui chantent, il n’y a que des aujourd’hui qui bruissent »

A. Damasio – Les Furtifs

 

Carbone & Silicium - Mathieu Bablet

Avançons encore de quelques années et laissons-nous guider à travers les prochains siècles par Carbone et Silicium. Conçus dans un laboratoire de la Silicon Valley, ces deux robots sont les premiers d’une nouvelle génération intelligente possédant une véritable conscience. Carbone et Silicium vont trouver le moyen de faire subsister cette conscience et de survivre au temps qui passe en changeant d’enveloppe physique.

Les voilà partis pour une épopée à travers le monde et les siècles. De San Francisco à Hong Kong en passant par Kiev et Alger, nos deux robots vont vivre une histoire d’amour empreinte de mélancolie.

L’intelligence, la longévité et la condition de Carbone et Silicium leur donneront l’occasion de philosopher intensément sur l’humanité et sur les robots, non pas dans leur relation, qui devient ténue au fil de l’album, non pas en tant qu’espèce antagoniste et différente, mais héritière et alternative. Leurs réflexions vont se nourrir du spectacle dont ils seront témoins : une société humaine en décrépitude, brisée par les crises écologique, économique, politique et migratoire.

Si l’écologie n’est pas le propos principal de l’œuvre, la dégradation du monde par l’homme est omniprésente dans l’album et prend forme, case après case, sous le crayon de Mathieu Bablet. Somptueusement colorisés, les paysages à la beauté apocalyptique défilent et décorent à merveille la profondeur des dialogues entre Silicium, le fataliste, et Carbone, plus optimiste.

Dans cet album magnifique, Mathieu Bablet dénonce les illusions (ou annonce les désillusions) du transhumanisme. Avec finesse et profondeur, il questionne l’individualisme et la notion de progrès, il interroge, à travers Carbone, la possibilité même d’une société humaine juste, évoque la transidentité et autres sujets existentiels…

« - Ils ont échoué, Carbone. L'humain a échoué.
- Peut-être qu’on a simplement mis les humains sur un piédestal un peu trop haut. Ils ont tout fait pour oublier leur statut d’animal, sans jamais le dépasser. »

Mathieu Bablet – Carbone & Silicium

 

Léo Pham pour Hello Planet

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